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Déclaration de la CFE-CGC/UNSA du 4 avril 2012 :

 

"La CFE-CGC/UNSA se félicite de l'avancement de l'enquête pour mise en danger de la vie d'autrui et harcèlement moral dans le cadre de l'information judiciaire liée aux mobilités forcées qui vise la politique d'entreprise mise en place par Didier Lombard ancien PDG du groupe France Telecom et Pierre-Louis Wenes ex-directeur exécutif. L'enquête se poursuit, nous espérons un procés afin de rétablir dans leur dignité les salariés spoliés et tourner la page des années noires. Pour rappel, certains salariés de l'entreprise France Telecom ont exercé jusque 4 métiers différents en 10 ans. Changement de métier et de culture, pour se voir reprocher un manque d'adaptation, d'employabilité !

 

Alors, après la crise sociale de 2009, notre entreprise garde les stigmates des années où certains ont bénéficié d'avancement grâce à des pratiques à l'éthique discutable et parfois contraires au code du travail. Des déplacements d'office de fonctionnaires, suppression de postes en masse, pressions pour que les les collaborateurs quittent l'entreprise. Le mal-être au travail a donné lieu à de nombreux rapports et expertises.

Un rapport du Sénat avec de nombreuses auditions traite des suicides liés au travail, du stress au travail, du harcèlement et de la violence au travail, de la notion nouvelle des RPS. Notion des RPS, pratiquement absente en 2011 du rapport annuel de synthèse de l'activité des médecins du travail à FT, qui a été présenté hier en séance du CNSHSCT. Ce qui laisserait supposer que quelques mois seulement après la signature des accords groupe sur la prévention du stress, le problème serait réglé : nous en doutons fortement.

 

Le malaise est profond. Le ministre du travail d'alors, X Darcos avait d'ailleurs lancé en octobre 2009, un plan d'urgence pour la prévention du stress au travail afin de mobiliser les employeurs.

 

Force est de constater que aujourd'hui en 2012, certains employeurs ont besoin d'une grosse piqure de rappel - Un certain déni entourait et entoure toujours aujourd'hui les cas de souffrance au travail dans notre entreprise.

 

Pour la CFE-CGC/UNSA, la prévention des risques professionnels et, plus largement, l'amélioration des conditions de travail sont "un facteur clé d'efficacité économique et sociale pour les entreprises". Il s'agit avant toute chose de promouvoir un vrai management de la santé et de la sécurité au travail."

 

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   Lors des deux derniers CNSHSCT (février et avril 2012) ont été abordés un point sur le Service de Santé au Travail de France Telecom et le bilan de la médecine du travail, qui permet d'estimer la santé du personnel (il manque bien sûr les données de l'absentéisme que nous aurons plus tard dans l'année).

 

   Le SST de France Telecom :

Il a été agréé depuis peu, pour une durée de 5 ans, c'est la première fois à France Tellecom ! Personnellement je pense que cet agrément n'était pas mérité. En effet il manque toujours de médecins dans tant d'établissements de France Telecom, et France Telecom ne respecte toujours pas son quota (obligatoire) de visites périodiques annuel. Aussi il n'y a pas assez d'infirmières pour soutenir l'activité des médecins. Ensuite la pluridisciplinarité de la médecine à France Telecom n'existe pas du tout, pourtant on a tant besoin de psychologues, d'ergonomes.. Les préventeurs ne sont toujours pas indépendants (statut d'IPRP). Il y a donc des manques graves face à une situation sociale encore si fragiile et un personnel de plus en plus âgé. Sans oublier que les consultations des représentants du personnel ont donné un avis en majorité négatif vis à vis de la demande d'agrément.

 Réforme de la médecine du travail : elle nous a été présentée lors du CNSHSCT de février. Le médecin du travail n'est plus mis en avant maintenant, c'est le service de santé qui prend le devant. Je pense que l'objectif du législateur est d'écarter un peu plus l'indépendance du médecin du travail, son autonomie. On place la médecine du travail encore plus dépendante de l'employeur (encore plus puissant pour faire ce qu'il veut). C'est grave face à la montée des nouveaux risques pathogènes (RPS) qui ne sont pas (ou très mal) évalués en France, et pas du tout prévenus (ou si peu). Et cela même si on parle d'un rôle renforcé du médecin dans le domaine du conseil à la prévention. L'employeur a la responsabilité totale de la prévention, et il fera donc comme il l'entend (même si sa reponsabilité est complète en action et en résulat sur la santé physique et mentale de ses salariés).

Il y aura aussi délégation des visites, pour bonne partie, aux infirmières. On écarte le médecin de son patient et on lui enlève du pouvoir aussi. On isole aussi les salariés du médecin, qui avait avec son autonomie un pouvoir réel pour les aider, les soutenir.

  Le rapport de la médecine (pour 2011) :

Concernant le nombre de médecins, en 2010 France Telecom avait affiché le nombre cible de 70 médecins à plein temps, on est à 65,3 à fin 2011, donc loin du compte. Les visites périodiques sont toujours non atteintes (44000 par rapport à un objectif de 61400). Le service de santé reste sous-dimensionné. Par ailleurs malgré une baisse de l'effectif de 2400 personnes, les visites non périodiques augmentent de 500, avec un niveau si élevé (plus de 23000), c'est ici bien l'expression d'un malaise qui continue - Car les visites non périodiques sont composées pour partie des visites dites spontanées à la demande d'un salarié (qui se sent mal) ou d'un manager (qui voit un subordonné dans une mauvaise situation). Les visites d'urgence passent de 186 à 300 !. Bien sûr il existe d'autres données dans ce rapport, comme l'explosion continue des TMS, qui expriment aussi un certain niveau de pénibilité !

 

  Le baromètre social présenté par la direction et qui exprimerait soi-disant tant de mieux-être, n'est pas du tout validé par les données de santé. Il y a encore tant à faire, et je ne sens pas du tout ce désir de mieux faire de notre employeur  Nous continuerons à agir pour forcer France Telecom à améliorer réellement les conditions de travail, et non pas les dégrader.

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Un des sujets du CNSHSCT de septembre était consacré à l'absentéisme à France Telecom. La direction a présenté sa version de l'absentéisme.

 

Comme en 2010, la direction a réalisé une analyse. Celle-ci comporte un certain nombre de tableaux de chiffres tout autour de l'absentéisme ordinaire de maladie. Selon elle :

- cet absentéisme se réduit : il passe de 17,9 jours par an (2009) à 17,6 jours. Par contre la durée des absences augmente de 3,3 jours entre 2007 et 2010 ;

- l'absentéisme maladie de moins de 8 jours baisse de 11% ;

- par contre l'absentéisme supérieur à 8 jours, et à 90 jours, augmentent : les personnels plus malades le sont plus longtemps ;

- l'absentéisme maladie recule chez les jeunes et les plus âgés (effet TPS ?), mais progresse chez les 26-45 ans ;

- par domaine d'activité (plusieurs tableaux sur le sujet), il y a des disparités comme une variation un peu à la hausse dans le domaine Clients (qui reste à un niveau élevé), ou à la baisse comme dans certains services nationaux.

Par ailleurs, selon l'étude d'un cabinet (Alma Consulting Group), le niveau de jours d'absence pour les entreprises françaises (soit un niveau très élevé en Europe) serait à 17,8 jours, donc proche du chiffre présenté par France Telecom.

CEPENDANT :

1- il est étonnant de dire que l'absentéisme se réduit alors que l'effectif de France Telecom s'est réduit de plus de 3% sur la même période, alors que l'absentéisme global ne se réduisait que de 0,9% !

2- La notion officielle de l'absentéisme comprend outre les absences maladie mais aussi toute autre absence, donc les comparaisons avec  des entités autres que FT n'est pas normale.

3- Il est étonnant dans cette étude de ne jamais différencier l'absentéisme des non cadres (très important) à celui des cadres (relativement faible). A titre d'exemple la catégorie C (36% de l'effectif total) connait un absentéisme moyen de 27 jours par an, donc qui est très élevé, alors que celui des cadres de catégorie E (le noyau central) a un absentéisme de 8 jours. Les différences sont donc criantes.

4- Il n'y a toujours pas d'analyse sur les raisons de cet absentéisme, ce qui avait été déjà demandé en 2010.

 

Sur le front de l'absentéisme (un des paramètres qui exprime le malaise du personnel), il ne semble pas y avoir d'amélioration. Bien que la direction dise le contraire.

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