Samedi, 26 Février 2011 08:15
Mise à jour le Mercredi, 02 Mars 2011 15:49
Écrit par Anne Marie MINELLA
Il y a quelques semaines, une altercation a eu lieu sur le site d’Arcueil (94) entre un responsable d’équipe et un technicien de la DISU. L’échange s’est terminé par l’agression physique du technicien. Pourquoi ? A première vue parce qu’il manquait un logiciel sur l’ordinateur qu’il venait livrer, qu’il n’avait pas les moyens de l’installer et que ce manque pénalisait l’utilisateur excédé ? A première vue seulement, car les vraies raisons sont souvent à chercher dans les conditions de travail.
Heureusement, les collègues sont tout de suite intervenus pour séparer ces deux personnes et l’accrochage est sans dommage physique grave. Il s’agit pourtant bien d’un accident du travail.
Réaction de la direction
Comment a réagi la direction ? Comme toujours : elle cherche à étouffer les « pétages de plombs » ; elle préfère croire et faire croire qu’il ne s’agit que d’un conflit inter-personnel, d’un moment d’énervement passager du à la personnalité des uns ou des autres. Alors qu’elle aurait du prévenir immédiatement le CHSCT, elle ne l’a fait que quelques jours après. Un manquement délibéré que la direction du travail, enfin prévenue elle aussi, n’a pas manqué de lui faire remarquer.
Rôle du CHSCT
Et pourtant, lorsque les CHSCT enquêtent sur les pétages de plombs, ils s’aperçoivent souvent qu’au-delà des réactions individuelles, ce sont les conditions de travail qui sont mises en cause. N’y aurait-il pas lieu pour celui-ci de se poser des questions déjà bien connues, et par exemple :
- La découpe excessive des métiers en tâches minimales, sans intérêt, sans autonomie alors que les gens souhaiteraient s’investir davantage mais différemment
- La surcharge de travail dans des équipes où les effectifs sont insuffisants et le manque de moyens permanents
- La complexité et l’incohérence de notre SI, de ses process et applications qui pénalisent le travail et sont source de stress
La solution aux pétages de plombs ce n’est pas seulement d’accorder des arrêts de travail, ou d’activer les cellules d’écoute. Pour que les véritables causes soient mises en avant et traitées, pour que les salariés ne courrent pas le risque d’en connaître d’autres, nous rappelons à la direction :
- Que les CHSCT doivent être immédiatement avertis
- Qu'ils doivent disposer des moyens nécessaires pour analyser l’événement en toute objectivité et, si besoin, avec l’aide d’un cabinet externe
- Qu'ils sont en droit de proposer des solutions pour corriger l’organisation et les conditions de travail lorsqu’elles sont concernées